Houris
Je viens de commencer la lecture du troisième roman de Kamel Daoud, incontournable ! Dès les premières pages, difficile de ne pas être percuté par l’intensité du verbe, l’intelligence de l’écriture, la finesse du propos et le courage de l’écrivain. Aube a ses cordes vocales tranchées au nom de Dieu comme un mouton le jour de l’Aïd lors du massacre de son village pendant la guerre civile algérienne dans les années 2000. Vingt ans plus tard à Oran où elle tient un salon de coiffure une énorme cicatrice sur le cou, elle se souvient de tout. En colère contre le silence qui entoure la Guerre civile algérienne et incapable de parler, elle raconte son histoire à l'enfant qu'elle attend (son fœtus) en l'appelant "Houri", les "Houris" étant les vierges promises aux fidèles musulmans qui accèdent au paradis. Ces monologues intérieurs, riches et poétiques donnent le ton de ce roman terriblement intime et farouchement critique sur la condition de la femme musu...