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Houris

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  Je viens de commencer la lecture du troisième roman de Kamel Daoud, incontournable ! Dès les premières pages, difficile de ne pas être percuté par l’intensité du verbe, l’intelligence de l’écriture, la finesse du propos et le courage de l’écrivain. Aube a ses cordes vocales tranchées au nom de Dieu comme un mouton le jour de l’Aïd lors du massacre de son village pendant la guerre civile algérienne dans les années 2000. Vingt ans plus tard à Oran où elle tient un salon de coiffure une énorme cicatrice sur le cou, elle se souvient de tout. En colère contre le silence qui entoure la Guerre civile algérienne et incapable de parler, elle raconte son histoire à l'enfant qu'elle attend (son fœtus) en l'appelant "Houri", les "Houris" étant les vierges promises aux fidèles musulmans qui accèdent au paradis. Ces monologues intérieurs, riches et poétiques donnent le ton de ce roman terriblement intime et farouchement critique sur la condition de la femme musu...

Est-ce que sucer, c'est tromper ?

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S alut Thierry,  Pour te rendre hommage, j’aurais pu trouver une photo de toi en noir et blanc soignée et léchée, mais je suis tombé sur ce dessin de presse. Une manière de te poser la seule question qui vaille : as-tu enfin obtenu une réponse à ton interrogation sur le sujet ? Blague, à part mes lunettes noires ne quittent plus mes nuits blanches depuis ton départ. Puis toi, grand défenseur de la monarchie constitutionnelle et de Louis de Bourbon (duc d’Anjou et prétendant légitimiste au trône de France), partir un 14 juillet : c’est royal ! Quel dernier joli pied de nez. Que l’on t’aime ou pas, tu resteras à jamais l’animateur, producteur culte de la fin du 20e siècle, un dinosaure de cette télé libre, grande gueule, irrévérencieuse aujourd’hui devenue trop lisse et résignée. Créatif et visionnaire, ton départ marque la fin d’une époque où le moindre second degré déclenche l’Hallali de « générations offensées » en manque d’inspiration et de second degré, où les poncifs règn...

Marco s’en est allé !

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Il m’a fallu quelques semaines avant de trouver les mots. En revoyant la photo de l’enfant que j’étais, cette petite tête blonde débarquée de Côte d’Ivoire en 1971, je mesure encore davantage ce que ta présence a compté pour moi. J’avais 6 ans. En 24 heures, je quittais la chaleur, mes repères, mon enfance telle que je la connaissais, pour arriver ici, dans un monde totalement différent. J’arrivais à Villard, à la "Petite Fadette", rue de la Combe-de-l’Eau, chez mes grands-parents adoptifs. À côté de chez eux, il y avait la maison de tes parents, celle où tu avais grandi. Dans ce grand bouleversement, toi, tu as été une présence importante. Toi qui m’appelais affectueusement "le Petit Prince". Avec ton physique à la Gérard Philippe, tu étais pour moi le grand frère que je n’ai jamais eu. Sans vraiment me connaître, tu as pris sous ton aile ta “petite tête blonde”, malgré nos années d’écart. Tu avais été touché par mon histoire, comme tu me l’avais rappelé il y a que...