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“L’enfant venu d’ailleurs”

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  “L’enfant venu d’ailleurs” Je suis né en 1965 loin de la brousse, à Melun, dans une France encore en noir et blanc. Un nouveau‑né comme les autres, glissé dans les bras d’une jeune femme blonde et d’un homme déjà brûlé par le soleil d’ailleurs. Sur le carnet de santé, quelques lignes, quelques chiffres. Sur la table de nuit, des brochures qu’on lit à moitié et des rendez‑vous qu’on reporte. La vaccination contre la polio, obligatoire depuis peu, restera quelque part entre les bonnes intentions et l’oubli. Très vite, la vie se met à bouger. Mon père travaille pour la SOGEA, les grands travaux publics. Ma mère est enseignante. Leur horizon n’est pas la banlieue parisienne, mais une Afrique de chantiers, de routes et de lagunes. Je n’ai que quelques mois lorsque nous quittons la France pour la Côte d’Ivoire. Je n’en garde aucune image consciente, seulement ce sentiment étrange d’avoir toujours eu, quelque part au fond de moi, la chaleur moite de l’air d’Abidjan comme climat d’...

Houris

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  Je viens de commencer la lecture du troisième roman de Kamel Daoud, incontournable ! Dès les premières pages, difficile de ne pas être percuté par l’intensité du verbe, l’intelligence de l’écriture, la finesse du propos et le courage de l’écrivain. Aube a ses cordes vocales tranchées au nom de Dieu comme un mouton le jour de l’Aïd lors du massacre de son village pendant la guerre civile algérienne dans les années 2000. Vingt ans plus tard à Oran où elle tient un salon de coiffure une énorme cicatrice sur le cou, elle se souvient de tout. En colère contre le silence qui entoure la Guerre civile algérienne et incapable de parler, elle raconte son histoire à l'enfant qu'elle attend (son fœtus) en l'appelant "Houri", les "Houris" étant les vierges promises aux fidèles musulmans qui accèdent au paradis. Ces monologues intérieurs, riches et poétiques donnent le ton de ce roman terriblement intime et farouchement critique sur la condition de la femme musu...

Est-ce que sucer, c'est tromper ?

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S alut Thierry,  Pour te rendre hommage, j’aurais pu trouver une photo de toi en noir et blanc soignée et léchée, mais je suis tombé sur ce dessin de presse. Une manière de te poser la seule question qui vaille : as-tu enfin obtenu une réponse à ton interrogation sur le sujet ? Blague, à part mes lunettes noires ne quittent plus mes nuits blanches depuis ton départ. Puis toi, grand défenseur de la monarchie constitutionnelle et de Louis de Bourbon (duc d’Anjou et prétendant légitimiste au trône de France), partir un 14 juillet : c’est royal ! Quel dernier joli pied de nez. Que l’on t’aime ou pas, tu resteras à jamais l’animateur, producteur culte de la fin du 20e siècle, un dinosaure de cette télé libre, grande gueule, irrévérencieuse aujourd’hui devenue trop lisse et résignée. Créatif et visionnaire, ton départ marque la fin d’une époque où le moindre second degré déclenche l’Hallali de « générations offensées » en manque d’inspiration et de second degré, où les poncifs règn...