La dictature des planqués
Cela fait des années que les planqués parlent du pays à la place du pays ! Ils avaient déjà raté la colère des gilets jaunes. Ils ont raté ensuite presque tout le reste : la fatigue d'une classe moyenne qui n'en peut plus, le sentiment de déclassement, l'étouffement fiscal, la défiance devenue structurelle, la fracture entre ceux qui vivent le réel et ceux qui le commentent depuis leurs certitudes. Ce pays souffre, mais il a le malheur de souffrir de manière peu conforme. Alors on ne l'écoute pas : on le moralise. La crise sanitaire a été, de ce point de vue, un révélateur brutal. Confusion, verticalité, injonctions contradictoires, bureaucratie triomphante : on a gouverné à coups de contrôle, de tri et de culpabilisation, avant même d'accepter de regarder les incohérences d'une gestion devenue administrative jusque dans la vie quotidienne. Le pouvoir n'a pas cherché à convaincre ; il a préféré filtrer, surveiller, restreindre, puis expliquer qu'il...