Est-ce que sucer, c'est tromper ?

Salut Thierry, 

Pour te rendre hommage, j’aurais pu trouver une photo de toi en noir et blanc soignée et léchée, mais je suis tombé sur ce dessin de presse. Une manière de te poser la seule question qui vaille : as-tu enfin obtenu une réponse à ton interrogation sur le sujet ?




Blague, à part mes lunettes noires ne quittent plus mes nuits blanches depuis ton départ.

Puis toi, grand défenseur de la monarchie constitutionnelle et de Louis de Bourbon (duc d’Anjou et prétendant légitimiste au trône de France), partir un 14 juillet : c’est royal ! Quel dernier joli pied de nez.

Que l’on t’aime ou pas, tu resteras à jamais l’animateur, producteur culte de la fin du 20e siècle, un dinosaure de cette télé libre, grande gueule, irrévérencieuse aujourd’hui devenue trop lisse et résignée.

Créatif et visionnaire, ton départ marque la fin d’une époque où le moindre second degré déclenche l’Hallali de « générations offensées » en manque d’inspiration et de second degré, où les poncifs règnent en majesté, où les pensées déconstruites des mangeurs de graines et de tofu se multiplient dans une époque insipide, disgracieuse.

Tu nous as accompagnés sur plus de quatre décennies pendant lesquelles ta créativité n’a jamais cessé de nous divertir que l’on t’aime ou pas.

Iconoclaste, insoumis, provocateur et irrévérencieux que tu étais, je reste un fan absolu de tes deux premières avec « Descente de Police », « Bains de minuit » et bien sûr « Lunettes noires pour nuits blanches ». Tes interviews formatées comme « l’Interview première fois », « l’Auto-interview » ou « Questions cons » ont amené incontestablement un vent de fraîcheur. Puis, viendront « Salut les Terriens », « Tout le monde en parle » plus connu du grand public.

Des concepts Ardisson 100 % français unique et inimitable. 

Au fait, s’il existe une plateforme d’observation où tu te trouves, tu as dû te marrer en voyant cette avalanche d’hommages sur la toile et dans la presse. Combien se sont abreuvé de réactions nauséabondes sur ta personnalité, tes idées, tes réactions sans comprendre combien tu t’en amusais aussi.

Enfin, jusqu’à la fin, tu n’as cessé de créer. Je pense en particulier à ta dernière inspiration magistrale « Hôtel du temps » qui a suscité une avalanche de critiques et d’incompréhension du grand public. Était-elle prémonitoire ?

Quoi qu’il en soit, l’homme en noir qui t’allait si bien aura jusqu’au bout mené sa barque avec une maestria remarquable autour de l’une de ses maximes préférées : « Le pire de tous les vices, c'est l'excès de vertu ». Heureusement, il nous reste « ARDITUBE »

Alors, merci Thierry pour toi, pour tout !

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