Houris
Je viens de commencer la lecture du troisième roman de Kamel
Daoud, incontournable !
Aube a ses cordes vocales tranchées au nom de Dieu comme un mouton le jour de
l’Aïd lors du massacre de son village pendant la guerre civile algérienne dans
les années 2000.
Vingt ans plus tard à Oran où elle tient un salon de coiffure une énorme
cicatrice sur le cou, elle se souvient de tout. En colère contre le silence qui
entoure la Guerre civile algérienne et incapable de parler, elle raconte son
histoire à l'enfant qu'elle attend (son fœtus) en l'appelant "Houri",
les "Houris" étant les vierges promises aux fidèles musulmans qui
accèdent au paradis.
Ces monologues intérieurs, riches et poétiques donnent le ton de ce roman
terriblement intime et farouchement critique sur la condition de la femme
musulmane dans un pays où le régime "arrange" à sa manière le roman
national.
Je suis d’ailleurs étonné que d’illustres associations de lutte pour les droits
et contre les violences faites aux femmes passent sous silence cet ouvrage
pourtant si caractéristiques de leurs combats.
Un choix ? La peur ?
Le courage ne fait plus recette !

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