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“L’enfant venu d’ailleurs”

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  “L’enfant venu d’ailleurs” Je suis né en 1965 loin de la brousse, à Melun, dans une France encore en noir et blanc. Un nouveau‑né comme les autres, glissé dans les bras d’une jeune femme blonde et d’un homme déjà brûlé par le soleil d’ailleurs. Sur le carnet de santé, quelques lignes, quelques chiffres. Sur la table de nuit, des brochures qu’on lit à moitié et des rendez‑vous qu’on reporte. La vaccination contre la polio, obligatoire depuis peu, restera quelque part entre les bonnes intentions et l’oubli. Très vite, la vie se met à bouger. Mon père travaille pour la SOGEA, les grands travaux publics. Ma mère est enseignante. Leur horizon n’est pas la banlieue parisienne, mais une Afrique de chantiers, de routes et de lagunes. Je n’ai que quelques mois lorsque nous quittons la France pour la Côte d’Ivoire. Je n’en garde aucune image consciente, seulement ce sentiment étrange d’avoir toujours eu, quelque part au fond de moi, la chaleur moite de l’air d’Abidjan comme climat d’...

Sois, sans temps !

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Cher petit bonhomme, le temps est compté, il passe vite, très vite. Lorsque je te vois sur ces photos, je me dis que la route sera longue. Prépare-toi, ça va secouer ! Ton histoire ne sera pas simple. Des séparations, tu rencontreras. Des secrets de familles, tu subiras. Des questions sans réponses, tu endureras. Autant de valises qu’il te faudra poser pour éviter de sombrer dans une errance solitaire d’une enfance éprouvée. Sinon le risque de t’auto défendre ou de te justifier en permanence t’enfermera dans un entre toi infiniment ravageur. Pense à casser le mécanisme car grandir sans repères, c’est parfois se perdre. Les herbes folles sont rarement préservées ! Il te faudra faire preuve de résilience. Pas celle qui confère à la démagogie rassurante de quelques lignes de « Psychologie magazine » qui t’alertera sur l’importance de préserver la santé de tes neurones, neurones que tu maltraiteras. Attention de ne pas trop en abuser, car les tentations de t’échapper dans les bras de subst...

Arlette, j’ai raté maman !

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Arlette Buisson - Fontainebleau © 1963 Collection privée Il paraît que tu es partie d’un arrêt cardiaque le 14 février 2017 à Faro au Portugal. Je l’ai appris par mail le 12 mars 2017. C’était un jour sans nuages à l’horizon après que tes cendres furent dispersées dans une rivière de la Drôme que tu chérissais tant. Toi qui affectionnais le terme de « Clan » pour qualifier notre famille « reconstituée », j’aurais aimé penser que tu puisses profiter de cette occasion pour nous ressouder. Je n’ai donc pu t’accompagner vers cet ailleurs qui a paraît-il des bienfaits d’humilité et de pardon, me laissant ainsi définitivement seul avec mes questions qui resteront de mon vivant définitivement sans réponses. Il faut dire que je suis habitué à ce genre de choc pré-mortem. Avec papa, la situation fut identique à quelques lignes scénaristiques près. Comment pourrais-je t’en vouloir ?  Arlette Buisson - Grand-Bassam © 1963 Collection privée Nous nous ressemblions. ...

J'y suis !

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  Crédit photo - Plage de Grand-Bassam @ 1964 - Collection privée Ça y ‘est, c’est décidé, je me remets à écrire.  Avant je le faisais sous substances illicites aujourd’hui, je tente de me détacher de ce complément d’âme que me procurait cette héroïne brune. Elle me désinhibait. Elle m’a amené très loin. Aussi loin, que l’improbable ne puisse s’exalter. A l’époque, il faut dire, j’étais tombé très bas. Aussi bas qu’une jupe de Formule 1 dans son tour d’arrivée. Je frôlais en permanence la limite, l’accident, la mort. Je me suis d’ailleurs longtemps demandé comment j’allais pouvoir exprimer cela sur du papier. A cette époque, j’en ai écrit des choses. Des trucs dingues, des phrases qui malgré ma déraison avait un sens. Des mots qui percutaient la formule et qui chatouillait parfois l’excellence comme le disait mon ami d’infortune BARTOK. C’était il y a bientôt 10 ans. Depuis, il s’en est passé des choses. Alors, ça y’est, je me lance, j'ouvre un blog, je m'adapte aux nouve...